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MAINS DIAMANT DIT NON !

La communauté Sourde a pris connaissance le 6 Juillet 2010 par une interview vidéo donnée à Edwige Antier, Députée de Paris, de la proposition de loi 2752 « dépistage de la surdité »..

La communauté Sourde a pris connaissance le 6 Juillet 2010 par une interview vidéo donnée à Edwige Antier, Députée de Paris, de la proposition de loi 2752 « dépistage de la surdité ».

Celle-ci a provoqué un véritable choc au sein du monde sourd qui a beaucoup exprimé ses peurs sur Internet, avec notamment une page Facebook ouverte par Eric Lawrin encourageant nombres d’entre nous à contacter directement l’assemblée nationale ou une Lettre rendue publique de l’association nationale 2LPE PB.

Beaucoup ne comprendront peut-être pas au premier abord les raisons de cette peur générale. Nous proposons ici de vous en ébaucher les fondements.

Avant toute chose il faut comprendre que ce n’est pas tant l’idée d’un dépistage qui pose ici un réel soucis, c’est tout le processus qui en découle ensuite, ainsi qu’une politique de désinformation appliquée ces dernières années qui va de le sens de l’extinction de la Langue des Signes Française véritable héritage et patrimoine culturel « vital » de millions de citoyens sourds dans notre pays.

1 – (P)RENDRE LA PAROLE AUX SOURDS !
L’Histoire sourde en France a été frappée par de virulents débats sur la nature du langage qui ont conduit en 1880 lors d’un Congrès à Milan à l’interdiction généralisée dans les écoles de la Langue des Signes. Médecins, Religieux et Scientifiques se sont ligués contre une langue gestuelle selon eux archaïque et définitivement nocive. Une écrasante majorité a alors prôné la méthode ORALISTE. La volonté étant selon eux de « rendre la parole aux sourds ». En voici un extrait saisissant, 1880 – Congrès de Milan, Résolution I : « Le Congrès, considérant l’incontestable supériorité de la parole sur les signes pour rendre le sourd-muet à la société et lui donner une plus parfaite connaissance de la langue, Déclare : Que la méthode orale doit être préférée à celle de la mimique pour l’éducation et l’instruction des sourds-muets » C’est ainsi que durant, tenez vous bien, 1 siècle entier, l’interdit a été maintenu en France. Nos parents témoignent qu’ils ne pouvaient signer entre eux qu’en cachette ou dans la cour de récréation ! C’est seulement La loi du 11 février 2005 qui met fin officiellement à l’obligation de la méthode orale pour l’éducation des sourds en France (l’amendement de 1991 avait déjà autorisé les parents à choisir entre une éducation bilingue ou orale uniquement).
Désormais, la langue des signes est considérée au même titre que la langue française et les sourds ont le droit de bénéficier d’une éducation en langue des signes dans n’importe quelle école en France. Aujourd’hui, les écoles donnant accès à une éducation en Langue des Signes Française se font de plus en plus rares et ceci a pour effet de causer l’échec scolaire retentissant de bon nombre de personnes sourdes.

2 – MÉDICALISER LA SURDITÉ !
Dans la plupart des cas, pour des parents entendants, apprendre que leur nouveau-né est diagnostiqué sourd est vécu comme un drame. Savoir très tôt que l’enfant est sourd, pourquoi pas mais ceci implique alors sur lui un regard médical très souvent déformé. Le bébé est alors vu comme malade à guérir à tout prix et non plus comme être humain doté d’autres moyens de communication pour s’épanouir pleinement. Ce regard médical remonte ai XIXe siècle et est porté par les travaux d’Itard et de Ménières, tout deux médecins chefs de l’Institut des sourds de Paris. Itard donnant lieu à la première classification audiométrique de la surdité en 1842. Ces recherches ont révélé un véritable acharnement de la part des scientifiques à vouloir soigner, éradiquer la surdité par le biais de traitements expérimentaux faisant des enfants sourds de véritables souris de laboratoire ( hypnose, trépanation, bains forcés dans la Seine à Paris…).

Aujourd’hui L’implant cochléaire posé sur les enfants sourds profonds dévoile un refus de la part de la médecine à accepter une organisation biologique différente de la norme (voir les travaux de Harlan Lane, 1992). C’est un entêtement de la médecine à faire des personnes sourdes des entendants (ou sourds selon le regard) contrariés.
L’implant cochléaire complètement infructueux dans de nombreux cas (les témoignages pleuvent), fatal dans certains (décès, séquelles violentes), est pourtant la solution systématiquement proposée aux parents entendants par les médecins, lorsque l’enfant atteint l’âge de 3 mois.
Il est avéré que depuis 30 ans les organisations en place passent outre la loi de 2005 en mettant des pressions sur les familles vers une décision oraliste, et thérapeutique. – Le dépistage en soit n’est pas un problème, qu’il soit précoce ne regarde que les parents, mais n’oubliez pas d’INFORMER, l’implant est peut-être une solution pour certains mais la Langue des signes est officiellement aussi pour des millions.

Nous espérons que cette ébauche aura réussit à informer le lecteur curieux, et nous nous battrons pour le maintien de la Langue des Signes Française.
Nous pourrions développer ces points davantage, mais notre message doit être clair : LE COLLECTIF DE SOURDS , MALENTENDANTS et ENTENDANTS MAINS DIAMANT DIT NON AU DEPISTAGE SYSTÉMATIQUE DE LA SURDITE CAR ELLE MENACE L’EPANOUISSEMENT DES PERSONNES SOURDES EN FRANCE.