1/1

DIFFERENTS AVIS


Ce Mardi 30 Novembre, était discuté la proposition de loi, pour le dépistage précoce de la surdité.

Le journal LeParisien, dans son édition de ce même jour, proposait à ses lect..


Ce Mardi 30 Novembre, était discuté la proposition de loi, pour le dépistage précoce de la surdité.

Le journal LeParisien, dans son édition de ce même jour, proposait à ses lecteurs, deux avis contradictoires.

L’un de EDWIGE ANTIER, pédiatre et députée UMP, et le second, de NICOLE FARGES, psychologue.
Ils nous a semblé important de vous les faire partager :

POUR :
La pédiatre Edwige Antier est à l’origine – avec deux autres députés UMP, Jean-Pierre Dupont (Corèze) et Jean-François Chossy (Loire) – de la proposition de loi sur la détection de la surdité dès les premiers jours de vie examinée aujourd’hui. Que proposez-vous exactement ? EDWIGE ANTIER. De généraliser un premier repérage de la surdité de l’enfant dans les trois premiers jours de sa vie, avant la sortie de la maternité. Puis dans un deuxième temps, d’effectuer un dépistage plus poussé pour confirmer ou non cette surdité, avant le troisième mois du bébé. C’est pourquoi nous voulons mettre en place sur tout le territoire des centres de dépistage et d’orientation de la surdité (CDOS) qui permettrait d’aiguiller la famille vers les équipes compétentes, notamment en langage des signes. Mais la surdité n’est pas une urgence vitale. Alors pourquoi vouloir la détecter si tôt ? Parce que si on n’intervient pas dès la maternité, il y a énormément de « perdus de vue ». Des enfants qui seront dispersés dans la nature et pour lesquels on ne se réveillera que vers 18 mois ou 2 ans. Que répondez-vous aux spécialistes qui pensent que cette détection néonatale nuit à la relation mère-enfant ? Je pense que ce n’est pas le cas. Actuellement, le dépistage précoce est déjà expérimenté dans six grandes villes françaises et on n’a pas entendu parler de troubles visibles de l’attachement… Ce qui fait vraiment du mal, c’est de se rendre compte trop tard des choses. Enfin, je tiens à préciser que ce repérage de la surdité pourra être refusé par les parents.
Propos recueillis par H.B.

CONTRE :
Cette psychologue et psychanalyste travaille depuis des années avec des enfants sourds. Membre de l’association Ramsès (Réseau d’actions médico-psychologiques et sociales pour enfants sourds), elle manifestera cette après-midi devant le Palais-Bourbon contre la proposition de loi d’Edwige Antier. Qu’est-ce qui vous déplaît dans cette proposition de loi ? NICOLE FARGES. Lorsque l’enfant n’a que 2 ou 3 jours de vie, la relation mère-enfant n’est pas encore établie. C’est un moment fragile, sensible. L’allaitement n’est même pas encore en place. C’est beaucoup trop tôt pour annoncer une nouvelle aussi violente. En France, on dépiste la surdité infantile en moyenne à 18 mois. Il y a même des enfants qui sont découverts sourds à 2 ans, et là, c’est vrai qu’il est trop tard. Mais cette loi propose de passer d’un extrême à l’autre… Un dépistage systématique à 3 ou 4 mois de vie serait bien préférable. Et selon vous, la maternité ne réunit pas ces conditions ? Non… Diagnostiquer la surdité à 2 ou 3 jours de vie est compliqué : il faut par exemple que le bébé ne pas pour que l’examen soit fiable, or un bébé de 2 jours, c’est normal ! Du coup, il y a, semble-t-il, beaucoup de « faux positifs ». Ce sont des traumatismes inutiles et dangereux pour le lien mère-enfant. Mais faire le test à la maternité évite de passer à coté d’enfants sourds non ? C’est vrai… Il y a forcément des enfants qui seront détectés tard. Mais la France n’est pas un désert médical ! On n’est quand même pas dans un risque vital.
Propos recueillis par H.B.
(Source : journal LeParisien, édition du Mardi 30 Novembre 2010)

Mains Diamant s’interroge : ET L’AVIS DE LA COMMUNAUTE SOURDE ??? Encore une fois, les décisions seront prises, par un petit groupe de personnes, au détriment des personnes réellement concernées !